Déchets sols pollués

L'ACTUALITÉ > Gaspillage alimentaire : l'ADEME confirme la co-responsabilité de tous les acteurs

26/05/2016 -

[CONSOMMATION] Aujourd’hui, l’ADEME a présenté les résultats d’une étude[1] fournissant, pour la première fois en France, les chiffres et les impacts du gaspillage alimentaire à l’échelle nationale, du champ à l’assiette.

 

Pour FNE, ces résultats permettent de réaffirmer la notion de co-responsabilité de l’ensemble des acteurs de la chaine qui doivent tous contribuer à la lutte contre ce scandale. Notre fédération espère que, grâce à cette étude, le nouveau Pacte national « anti-gaspi », à paraitre en octobre 2016, constituera un véritable plan d’actions opérationnel pour réduire de moitié le gaspillage d’ici 2025.

Des enjeux importants sur les plans environnementaux et économiques

Selon l’ADEME, 10 millions de tonnes de produits alimentaires destinés à la consommation humaine sont gaspillés chaque année, tous secteurs d’activités et toutes filières confondus en France. La valeur théorique de ce gaspillage est évaluée à 16 milliards d’euros, ce qui représente plus d’un tiers du budget dédié au paiement des intérêts de la dette française en 2016. Au-delà des enjeux économiques, l’étude met également en lumière les impacts environnementaux du gaspillage alimentaire. L’impact carbone de ce dernier est ainsi estimé à près de 15,5 millions de tonnes équivalent CO2/an, ce qui correspond à 3% de l’ensemble des émissions de l’activité nationale.

Une opportunité pour faire émerger des démarches plus transversales et collaboratives

L’étude révèle que 32% du gaspillage est généré au stade de la production, 21% lors de la transformation, 14% lors de la distribution, 14% lors de la restauration et 19% au niveau de la consommation à domicile. Comme FNE le clame depuis de nombreuses années, tous les secteurs d’activités sont donc concernés et génèrent du gaspillage à leur niveau, de même que chacun d’entre eux dispose de marges de manœuvre considérables pour le réduire. Ces résultats doivent nous inviter à relativiser les discours trop souvent entendus selon lesquels le consommateur serait le principal responsable du gaspillage alimentaire. C’est également l’occasion de mettre en avant des solutions de réduction du gaspillage alimentaire à la portée de tous, en privilégiant des approches plus transversales, collaboratives et territoriales, à l’image de celles des REGAL (Réseaux d’Evitement du Gaspillage ALimentaire) en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes et en Normandie[1].

Dans l’attente d’un nouveau Pacte national « anti-gaspi » plus opérationnel

Avec cette étude, nous disposons de connaissances plus détaillées sur les produits les plus gaspillés[2] et les mécanismes qui provoquent du gaspillage. Le gouvernement n’a donc plus d’excuse pour ne pas transformer l’actuel Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, composé principalement de mesures non contraignantes et symboliques, en un plan d’actions détaillant des engagements et des objectifs par secteur d’activités et par filière de produits.

La politique nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire doit désormais répondre à quatre principaux enjeux :

  • La transversalité, ou comment traiter cette problématique à travers une approche globale d’alimentation durable (solidarité alimentaire, qualité nutritionnelle, impacts de nos modèles de production, santé des professionnels et des consommateurs, etc.) ;
  • La déclinaison territoriale, ou comment généraliser les démarches de REGAL dans toutes les régions pour en faire des relais du Pacte ;
  • L’information, ou comment favoriser la transparence des données du gaspillage alimentaire et homogénéiser leur reporting ;
  • L’évaluation, ou comment mesurer l’efficacité des actions mises en œuvre pour savoir si elles concourent bien à l’objectif national de réduction de moitié du gaspillage alimentaire à l’horizon 2025.

Denez L’Hostis, Président de France Nature Environnement : « Nous sommes heureux de voir que l’Etat a enfin répondu à notre demande concernant la réalisation d’une étude fine sur les responsabilités de chacun en matière de gaspillage alimentaire. Le chiffre montrant qu’une salade sur deux part à la poubelle démontre à lui seul l’urgence à lutter plus efficacement contre le gaspillage alimentaire. »


[2] L’étude montre que le gaspillage alimentaire varie fortement d’un produit à un autre : de 9% pour les œufs à 57% pour les salades par exemple. Si l’on raisonne en grandes familles de produits, on aboutit aux taux de gaspillage moyens suivants : 23% pour les fruits et légumes, 20% pour les produits issus des grandes cultures et 12% pour les produits des filières animales.

Communiqué FNE du jeudi 26 mai 2016