Déchets sols pollués

L'ACTUALITÉ > Les chasseurs de l'estuaire de Seine toujours dans la surenchère !

01/03/2016 -

En manifestant pour autoriser  la chasse aux oies pendant le mois de février, les chasseurs de l’Estuaire de Seine, beaucoup moins nombreux que les années passées, ont montré qu’ils n’entendaient pas respecter les équilibres fragiles de la nature et en particulier la survie des espèces migratrices d’oiseaux.

En effet, depuis le 31 janvier, la pratique de la chasse vis-à-vis des oiseaux migrateurs et des oies en particulier est illégale.

La directive européenne « Oiseaux » l’interdit formellement pendant leur difficile trajet migratoire, trajet rendu de plus en plus difficile à cause des activités humaines, la disparition des zones humides ou la pollution des milieux d’eau, pour ne citer que ces exemples.
Il est donc vital, pour la survie de ces oiseaux que la chasse déjà facteur de diminution des espèces, soit strictement réglementée et cette directive respectée.
En effet, un grand nombre d’espèces d’oiseaux (environ1/3) est en voie de disparition selon l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature).

De plus, d’après les études et données du WETLAND IN TERNATIONAL et du CRBPO (Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’Oiseaux) et contrairement aux propos des chasseurs, les populations des oies cendrées migrant sur notre territoire, ne doivent pas être confondues avec les populations d’oies cendrées des Pays Bas.
En effet, les oies remontant notre pays et notre Estuaire de Seine sont des populations nordiques fragiles (Norvège, Suède et Danemark) et doivent donc être protégées comme la loi le stipule.

Les oies, que les chasseurs, jusqu’au-boutiste, veulent chasser en février, migrent déjà depuis mi-janvier. Cette date du 31 janvier n’est donc pas satisfaisante à leurs yeux, mais représente un compromis.

C’est pourquoi, HNNE, la LPO HN et SOS Estuaire n’acceptent pas et dénoncent :

  • Une dérive et un privilège de plus octroyé aux chasseurs qui veulent encore prolonger leur durée actuelle de chasse (de début août à fin janvier), qui en soit reste la plus longue période de chasse de l’union européenne, sur la seule justification d’un loisir.
  • Une nouvelle manœuvre, orchestrée par Mme ROYAL, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, qui en donnant, comme en 2015, instruction aux Préfets et à la Police de la Chasse (ONCFS) de ne pas verbaliser ce braconnage jusqu’au 10 février, enfreint la loi et bafoue sa propre fonction.


Serait-il acceptable qu’un ministre, pour faire plaisir aux automobilistes, donne lui aussi instruction aux gendarmes de ne pas verbaliser tout excès de vitesse pendant 10 jours sur les routes françaises ? C’est pourtant ce que fait Madame ROYAL en encourageant la transgression d’une loi que son devoir ministériel l’intimait de respecter.

Enfin il n’est pas inutile de rappeler au Grand Public que les oiseaux migrateurs de l’Estuaire de Seine ont déjà commencé leur période de reproduction.
Celle-ci est de plus en plus précoce, réchauffement climatique oblige.
Chasser en février accentuerait de façon dramatique la tranquillité indispensable dont ont besoin les oiseaux nicheurs dela réserve naturelle de l’Estuaire de Seine et nuirait au succès de ces reproductions.

Communiqué du 1er mars 2016 commun aux associations HNNE, LPO Normandie et SOS Estuaire