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L'ACTUALITÉ > Conférence croissance bleue : protégeons la mer pour sauver la terre

02/09/2015 -

La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, lance ce lundi 31 août une conférence nationale sur la transition écologique mer, océans, croissance bleue et climat.

Un tel événement offre l'opportunité d'intégrer l'impact du transport maritime sur le climat et l'environnement. A l'approche de la COP 21, on ne peut pas imaginer de croissance bleue dans des océans et des mers considérés soit comme des dépotoirs, soit comme une corne d'abondance !

Le transfert modal oui, mais pas à n'importe quel prix

France nature environnement s'est prononcée pour le report modal de la route vers le fluvial et le maritime, à condition que les carburants et la motorisation évoluent. En effet, les émissions du transport maritime sont appelées à quadrupler d'ici à 2050 en raison de la mondialisation des échanges. Les navires utilisent un carburant extrêmement nocif pour l'environnement et la santé humaine : le fioul lourd, une sorte de goudron. D'après un rapport de l'OCDE, il représente 80% des consommations de carburant dans ce secteur.

Selon la Commission européenne, la pollution de l'air par les navires cause 58 000 décès par an. La teneur en soufre du fioul lourd le rend 3 500 fois plus polluant que le diesel automobile. Il est par ailleurs très fortement émetteur de particules fines PM2.5, un polluant de la combustion des carburants, et de black carbon, une particule ultrafine connue, outre ses effets sanitaires, pour amplifier le réchauffement climatique.

 Une nouvelle réglementation est nécessaire

Comme France Nature Environnement et l'ONG allemande NABU l'ont mis en évidence dans leur récente étude portant sur les navires de croisière, les cargos ont besoin de faire tourner les moteurs lorsqu'ils sont à quai. Ces derniers génèrent autour du port une pollution aux particules fines qui multiplie par 20 la pollution du cœur d'une ville comme Marseille. Il a été relevé[1] une augmentation de 3% de l'asthme et des maladies cardiovasculaires (thrombose, AVC, infarctus...) dans les abords de l'enclave portuaire de Long Beach (USA), plus petite que celle de Marseille.

Malgré ces impacts sanitaires et environnementaux importants, l'utilisation du fioul lourd dans le transport maritime n'est toujours pas taxée, ni contrôlée par l'Etat français, contrairement au diesel automobile. Les armateurs des navires profitent d'un carburant bon marché et les autorités portuaires françaises n'ont pas les outils nécessaires pour contrôler ou proposer une alternative.

Pour Benoît Hartmann, porte-parole de France nature environnement, « Si le report modal de la route vers le fluvial et le maritime est souhaitable, on comprend mal pourquoi ce secteur utiliserait encore le carburant le plus sale qui soit. Commençons par remplacer le fioul lourd par des carburants moins polluants et augmentons la recherche et développement pour des carburants plus propres. Anticipons sur la réglementation internationale en appliquant dès aujourd'hui les niveaux les plus contraignants prévus par la Convention MARPOL en Méditerranée et en Atlantique. Pourquoi attendre 2020 alors que des carburants plus propres existent ? Le transfert modal est souhaitable, mais pas au prix de notre santé. »

 

[1] Olaf MERK, Rapport de l'OCDE, Shipping emissions in ports, 2014, p.5.

Un tel événement offre l'opportunité d'intégrer l'impact du transport maritime sur le climat et l'environnement. A l'approche de la COP 21, on ne peut pas imaginer de croissance bleue dans des océans et des mers considérés soit comme des dépotoirs, soit comme une corne d'abondance !

Le transfert modal oui, mais pas à n'importe quel prix

France nature environnement s'est prononcée pour le report modal de la route vers le fluvial et le maritime, à condition que les carburants et la motorisation évoluent. En effet, les émissions du transport maritime sont appelées à quadrupler d'ici à 2050 en raison de la mondialisation des échanges. Les navires utilisent un carburant extrêmement nocif pour l'environnement et la santé humaine : le fioul lourd, une sorte de goudron. D'après un rapport de l'OCDE, il représente 80% des consommations de carburant dans ce secteur.

Selon la Commission européenne, la pollution de l'air par les navires cause 58 000 décès par an. La teneur en soufre du fioul lourd le rend 3 500 fois plus polluant que le diesel automobile. Il est par ailleurs très fortement émetteur de particules fines PM2.5, un polluant de la combustion des carburants, et de black carbon, une particule ultrafine connue, outre ses effets sanitaires, pour amplifier le réchauffement climatique.

 Une nouvelle réglementation est nécessaire

Comme France Nature Environnement et l'ONG allemande NABU l'ont mis en évidence dans leur récente étude portant sur les navires de croisière, les cargos ont besoin de faire tourner les moteurs lorsqu'ils sont à quai. Ces derniers génèrent autour du port une pollution aux particules fines qui multiplie par 20 la pollution du cœur d'une ville comme Marseille. Il a été relevé[1] une augmentation de 3% de l'asthme et des maladies cardiovasculaires (thrombose, AVC, infarctus...) dans les abords de l'enclave portuaire de Long Beach (USA), plus petite que celle de Marseille.

Malgré ces impacts sanitaires et environnementaux importants, l'utilisation du fioul lourd dans le transport maritime n'est toujours pas taxée, ni contrôlée par l'Etat français, contrairement au diesel automobile. Les armateurs des navires profitent d'un carburant bon marché et les autorités portuaires françaises n'ont pas les outils nécessaires pour contrôler ou proposer une alternative.

Pour Benoît Hartmann, porte-parole de France nature environnement, « Si le report modal de la route vers le fluvial et le maritime est souhaitable, on comprend mal pourquoi ce secteur utiliserait encore le carburant le plus sale qui soit. Commençons par remplacer le fioul lourd par des carburants moins polluants et augmentons la recherche et développement pour des carburants plus propres. Anticipons sur la réglementation internationale en appliquant dès aujourd'hui les niveaux les plus contraignants prévus par la Convention MARPOL en Méditerranée et en Atlantique. Pourquoi attendre 2020 alors que des carburants plus propres existent ? Le transfert modal est souhaitable, mais pas au prix de notre santé. »

 

[1] Olaf MERK, Rapport de l'OCDE, Shipping emissions in ports, 2014, p.5.

Communiqué FNE du 34/08/2015

France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3000 associations, regroupées au sein de 80 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr