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L'ACTUALITÉ > Famille en peine, justice en panne

03/08/2015 -

28 Juillet 2009, il y a six ans presque jour pour jour, sur une plage de Bretagne, l'accident dramatique d'un cavalier et de son cheval, montrait de façon spectaculaire à l'opinion publique, le danger mortel des algues vertes en décomposition.

 

Depuis six ans, la justice refuse de voir le lien entre la mort d'un chauffeur routier le 22 juillet 2009, quelques jours plus tôt, et les algues vertes en décomposition qu'il transportait et déchargeait. Les associations de protection de la nature et de l'environnement veulent sensibiliser et mobiliser un grand nombre de citoyens pour que ce deni cesse enfin.

Un cavalier échappe de peu au pire mais son cheval meurt

Le 28 juillet 2009, monsieur Vincent Petit et son cheval se sont brusquement enfoncés dans une poche vasière, au débouché du Roscoat, sur la plage de St-Michel en Grève. Monsieur Petit a perdu connaissance en quelques minutes. Rapidement secouru, il a été retiré de la vase inconscient, cyanosé et en proie à des convulsions. Immédiatement réanimé, il a repris connaissance sur la plage. Le cheval nʼa pas pu être retiré tout de suite de la vasière et est mort en quelques minutes. Les résultats de son autopsie et des dosages dʼhydrogène sulfuré retrouvés dans ses tissus ont prouvé quʼil avait été intoxiqué par ce gaz, produit par la décomposition des algues vertes. Cet événement dramatique, a montré à lʼopinion publique, le danger de ces marées vertes qui se décomposent sur les plages. Quinze jours plus tard, les résultats des analyses de gaz, faites sur les lieux de lʼaccident, ont confirmé la présence dʼhydrogène sulfuré, à des concentrations rapidement mortelles.

Le déni des autorités

La publication de ces résultats a délié les langues et lʼon a appris quelques jours plus tard le décès dʼun chauffeur routier qui transportait et déchargeait des bennes dʼalgues vertes en putréfaction. Son décès survenu près de Binic, le 22 juillet, quelques jours avant lʼaccident du Roscoat, était jusque là passé inaperçu. Les médias se sont alors massivement fait lʼécho du décès de Thierry Morfoisse. Les autorités ont immédiatement affirmé de façon péremptoire que « monsieur Morfoisse est décédé dʼun infarctus » et que « cela nʼa rien à voir avec les algues vertes », mettant ainsi hors de cause les gaz des algues en décomposition, comme cela avait déjà été fait pour les chiens, le cheval et son cavalier, et comme ce sera encore le cas quelques années plus tard pour une harde entière de sangliers.

La lenteur de la justice, au diapason du discours officiel

Une action en justice pour homicide involontaire a dû être entreprise par la famille afin de faire reconnaître le rôle des algues vertes dans ce décès et de faire reconnaître ce décès en accident du travail. La procédure qui nʼavançait pas devant les tribunaux des Côtes dʼArmor, a été transférée auprès du Pôle de Santé Publique à Paris, où elle nʼa guère avancé plus vite. Les juges se montrant peu empressés à entreprendre les investigations susceptibles de remettre en cause la thèse officielle. Après plus de cinq ans de procédure peu active, les juges du pôle de « santé publique » ne nient plus que monsieur Morfoisse a été exposé à des gaz toxiques, mais continuent de contester un lien avec lʼinfarctus ayant occasionné son décès. Eexposé mais pas intoxiqué, en quelque sorte.

Mobilisation des associations et de l'opinion publique

Alors qu'un non-lieu se profile à l'horizon, le Comité de Soutien à la Famille Morfoisse et les associations, Sauvegarde du Penthièvre, Côtes d'Armor Nature Environnement, Eau & Rivières de Bretagne, Sauvegarde du Trégor et France Nature Environnement, convaincues d'une corrélation entre le dégagement de gaz H2S et le décès de Thierry Morfoisse, estiment qu'une telle décision serait inacceptable. Le dossier ayant une fâcheuse tendance à dormir sur les étagères du Pôle de Santé Publique du tribunal, les associations ont décidé de se mobiliser.Elles lancent une campagne d'information et de mobilisation, en soutien à la famille Morfoisse et pour la restauration des rivages de Bretagne, souillés par les algues vertes.

Une première réunion est organisée à TREDUDER, Salle de la mairie, le jeudi 30 juillet 2015, à 20h30 par les associations « Tréduder Nature Patrimoine » et « Sauvegarde du Trégor », membres du comité de soutien. Elle sera suivie d'interventions sur les marchés de Plestin-les-grèves et de Lannion pour informer directement la population et faire signer une pétition de soutien à la Famille Morfoisse.

Le Comité de Soutien à la Famille, Sauvegarde du Penthièvre, Côtes d'Armor Nature Environnement, Eau & Rivières de Bretagne, Sauvegarde du Trégor et la fédération France Nature Environnement se mobilisent pour informer la population. Les associations veulent inciter la justice à mener les investigations nécessaires pour faire toute la lumière sur les causes du décès de Thierry Morfoisse.

Communiqué FNE du 30/07/2015. Télécharger ce communiqué en format PDF.

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