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L'ACTUALITÉ > Paris sans diesel en 2020 : nécessaire... et faisable !

09/12/2014 -

Dans un entretien au JDD du 7 décembre 2014, la maire de Paris a annoncé vouloir interdire le diesel dans les rues de la capitale d’ici à 2020, dans le cadre de son plan Antipollution. Une décision protectrice de la santé publique et promouvant les modes de transport doux que FNE appelle de ses vœux par ses campagnes sur le diesel et la qualité de l’air[1].

Un enjeu de santé majeur

Si les émissions du diesel ont été classées cancérogènes en 2012 par l’OMS, c’est à cause des particules fines qui peuvent pénétrer loin dans nos poumons, passer dans le sang et s’accumuler dans nos organes vitaux. Chaque année, ce sont 42 000 décès prématurés et 30 milliards d’euros de dépenses de santé que nous pourrions éviter. La qualité de l’air est le premier de tous les risques perçus par les Français, avec la perte d’emploi et le cancer[2].

Pour José Cambou, pilote du réseau santé environnement : « Il faut rappeler qu’en ce qui concerne la santé, le premier pollué par l’air est l’automobiliste au volant. Les établissements sensibles tels que les crèches et les écoles, ainsi que les populations vivant près des grandes voies de circulation, devront être pris en compte dans l’établissement du plan Antipollution. »

Le diesel, un paradoxe français

La France est l’un des derniers pays européens où le diesel est moins cher à la pompe que l’essence. Si des signes de fléchissement ont été donnés par le Premier ministre en marge de la dernière Conférence environnementale (rattrapage de l’écart de taxation, identification des véhicules les plus polluants), il reste urgent d’appliquer des mesures pourtant simples : fiscalité incitative, fin du CO2 comme seul déterminant du bonus-malus auto, fin de l’auto solo en ville et mise en place de l’auto-partage, intégration de parkings de délestage en périphérie.

Denez L’Hostis, président de France nature environnement : « La décision d’Anne Hidalgo doit être saluée, car elle peut radicalement changer les comportements urbains. Néanmoins, la marge de progression est immense. Le prix du diesel à la pompe ne reflète pas les coûts de perte de qualité de vie et de santé. Il faut favoriser les transports doux notamment aux portes du Grand Paris, par un métro automatique qui décourage clairement l’usage de la voiture individuelle. Face au cocktail de pollutions, il y a un cocktail de solutions ! »

[1] /fr/nos-actions/transports/le-diesel-tue/
[2] Etude MEDDE, http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/CS567.pdf