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L'ACTUALITÉ > Evreux : « Stoppons la déviation »

23/01/2014 -

En forêt de La Madeleine, des marques fluorescentes sur les troncs d’arbre sont apparues marquant le début des travaux d’abattage

«Des marques peintes sont apparues sur des arbres de la forêt de La Madeleine… explique Jacques Caron d’Évreux nature environnement (ENE), qui fédère sept associations locales liées à la protection de l’environnement les premiers abattages d’arbres liés au chantier de la déviation sud-ouest d’Évreux ne devraient plus tarder maintenant. Rappelons que devant les élus de l’Agglomération d’Évreux (GEA) réunis début novembre par Michel Champredon, en présence du préfet de l’Eure, le calendrier du chantier de la déviation a été confirmé avec un démarrage des travaux début 2014.

Environnement et portefeuille
À ENV, on n’est pas loin de croire que la déviation d’Évreux par le sud a été tronçonnée en trois portions bien distinctes - seule reste à réaliser la dernière portion pour 96 M€ - pour éviter un débat public d’envergure : « Si on prend en compte le coût total de la déviation par le sud d’Évreux on franchit le seuil au-delà duquel la commission nationale du débat public s’empare du dossier. Ce qui aurait dû être le cas. »
La déviation aurait des conséquences pour l’environnement mais aussi pour le portefeuille des habitants de l’Agglo.

Le juge de nouveau saisi
« Je pense à l’augmentation du prix de l’eau lié au fait qu’il a fallu réaliser de nouveaux captages et construire l’usine de traitement de Chenapville. Les citoyens de l’Agglo vont payer deux fois cette déviation. Comme contribuables et comme consommateurs d’eau. Et ce n’est pas normal que le consommateur soit ponctionné. C’était au budget de la déviation d’assumer le coût des opérations liées à l’eau… »
Outre le débat auquel sont conviés à participer les prochains candidats aux municipales à Évreux, ENE porte de nouveau le fer en justice. Avec l’appui d’un avocat spécialisé dans les questions d’environnement.
Le premier recours date d’il y a deux ans. ENE attaquait un arrêté du préfet lié au volet eau de la déviation. La décision du juge est attendue début février.
Un 2e recours devant le juge administratif a été introduit le 13 décembre dernier. À nouveau contre un arrêté du préfet de l’Eure, datant de juillet dernier, lié au démarrage du chantier : « L’arrêté s’appuie sur une enquête publique qui n’a pas eu lieu de manière satisfaisante. Il manquait au dossier d’enquête plusieurs avis importants comme celui de la commission locale de l’eau ou celui de l’Agence régionale de la santé qui s’est exprimée sur le dossier et l’a jugé « lacunaire » à propos des risques de pollution de l’eau induits par cet énorme chantier qui doit durer cinq ans ! »

Un projet obsolète
Le manque d’informations du public est souligné à plusieurs reprises par ENE à travers ses recours dont le dernier a été introduit en référé compte tenu de l’imminence du démarrage du chantier : « Il y a urgence à empêcher le démarrage de cette déviation qui sur le fond n’a plus lieu d’être, juge Jacques Caron, il faut se souvenir que ce projet de voie express s’inscrivait dans la perspective d’une mise à quatre voies de la N13, de Caen à Paris. Dont il n’est plus question aujourd’hui. Autrement dit, on va dépenser énormément d’argent pour un projet devenu surdimensionné et qui, par ailleurs, ne résout pas les problèmes locaux de circulation. ».
Reste que le juge ne sanctionnera pas l’opportunité du projet mais seulement sa légalité. Sa réponse est maintenant l’affaire de quelques jours.

Débat public
« Le contournement d’Évreux, une autoroute urbaine ».
C’est le titre, un tantinet provocateur qu’ENE a choisi pour intitulé le débat, organisé mercredi 22 janvier salle Jules-Janin, à Évreux, de 20 h à 22 h 30.
Avant le débat, l’association présentera les raisons pour lesquelles elle a, dès ses débuts, contesté ce projet.
La deuxième partie sera entièrement consacrée au débat public « qui nous a été confisqué ».

Article du Paris-Normandie du 20/01/2014