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L'ACTUALITÉ > Les annonces de la Commission européenne contre le « tueur invisible »

27/12/2013 -

Alors que l’Organisation Mondiale de le Santé (OMS) déclarait récemment que l’air pollué que nous respirons est la principale cause environnementale de décès par cancer1, la Commission européenne vient de rendre publique sa nouvelle stratégie pour l’amélioration de la qualité de l'air en Europe2. France Nature Environnement se félicite de cette annonce très attendue, mais regrette le manque d’ambition de certaines mesures. Explications

Cette série d’annonces a pour but d’actualiser la législation actuellement en vigueur et de réduire les émissions nocives de l’industrie, du transport, des installations de production d’énergie, de l’agriculture… Il s'agit « de limiter leur impact sur la santé humaine et sur l’environnement", selon le Commissaire à l’environnement Janez Potocnik. Rappelons que plusieurs pays dont la France, sont en contentieux avec la Commission sur ce point.

C’est urgent...d'attendre 2030 !

Parmi les propositions de la Commission on trouve de nouveaux objectifs de qualité de l'air et la réduction des plafonds nationaux existants pour les six principaux polluants. Même si l’intégration des émissions d’ammoniac et de méthane, la prise en compte du black carbon sont un plus, pourquoi ces nouveaux objectifs doivent-ils attendre parfois jusqu’à 2030 ?
Louise Duprez, du Bureau Européen de l’Environnement (BEE) précise : «c'est un premier pas dans la bonne direction mais il est paradoxal d'entendre, pendant toute l'année, des appels répétés des scientifiques pour la mise en place de mesures d'urgence et de voir la Commission fixer des objectifs pour 2030. Ce retard se traduira par un grand nombre de décès prématurés pourtant évitables »3.

Une catastrophe sanitaire et un gouffre financier

Selon des sources OCDE, la pollution de l'air en milieu urbain est en passe de devenir la première cause environnementale de mortalité dans le monde en 2050, avant celle de l'eau potable ou le manque d'hygiène.
En Europe, plus de 90% des urbains sont exposés à des niveaux de particules fines et d’ozone supérieurs aux recommandations faites par l’OMS. C’est dix fois plus de morts que celles liées aux accidents de la route en Europe. Les coûts externes liés à cette pollution de l’air sont eux estimés entre 300 et 940 milliards d’euros par an. Une charge que la collectivité ne peut plus se permettre de supporter.

Si FNE se réjouit que l’on légifère enfin pour réduire les émissions des installations de combustion de taille moyenne et que l’on rappelle le travail nécessaire sur la pollution atmosphérique transfrontalière par exemple, une partie des sources de pollutions de l’air est encore partiellement oubliée.

Selon José Cambou, pilote du réseau santé-environnement à FNE «Enfin la Commission commence à concrétiser une volonté d’améliorer la qualité de l’air en Europe ! Il faut maintenant que les Etats, comme la France, mettent aussi en place des politiques ambitieuses pour la qualité de l’air ! Ceci, accompagné de recherche et d’innovation, pour une meilleure santé des citoyens, un environnement respecté et un gain économique considérable».

1:http://www.iarc.fr/en/media-centre/iarcnews/pdf/pr221_E.pdf
2: http://ec.europa.eu/environment/air/review_air_policy.htm
3: http://www.eeb.org/EEB/index.cfm/news-events/news/air-package-welcomed-but-no-early-christmas-present-for-air-pollution-victims/